Aujourd'hui est un grand jour, nous profitons d'une visite à Tata pour vous envoyer notre blogue car même si je tiens ce journal régulièrement, il est difficile de vous l'expédier au fur et à mesure. C'est peut-être tant mieux car de cette façon nous sommes moins invasifs...nous voulons seulement vous faire rêver aux vacances à l'avance.
Nous avons goûté une eau-de-vie Corse sur deux carrés de sucre, cela frappe fort surtout en après-midi et tout de suite après un café corsé mais c'est très bon.
20 mai
J'ai laissé passer quelques jours car le rythme est à la fête ces derniers jours. Xaviet et Clément sont de retour en Corse afin de réparer leur voiture (une Lada 4x4). Alors on placote, on se raconte nos aventures et j'en oublie le blogue.

Le soir de leur arrivée, nous avons essayé de voir le lever de la lune qui se devait d'être fantastique car la veille elle s'était levée pleine et rouge directement de la bouche de la mer. Nous sommes donc partis à quatre dans la 2CV en direction de Conca beach... Clément conduisait et laissez moi vous dire que la conduite Corse, c'est quelque chose. Je crois qu'il aurait pu conduire les yeux fermés tant il connaissait chaque virage et nous les passagers, nous aurions pu aussi bien avoir les yeux fermés pour la paix de notre âme. La lune n'était pas au rendez-vous mais les étoiles filantes y étaient.
21 mai

Aujourd'hui nous avons monté jusqu'au col du GR20, une randonnée de 4 hres aller-retour. Voici Conca vu d'en haut avec la mer au loin.
Mais je vous offre aussi quelques points de vue superbes.

Le sentier étaient vraiment très bien entretenu, assez exceptionnel en fait car sur certains tronçons, ils ont dû charrier de la pierre pour empêcher le sol de s'éroder et le maquis de tout envahir.

Parlant de maquis, une petite incursion de moins de cinq minutes nous a valu des éraflures partout sur les bras et les jambes, un peu comme si nous nous étions battus avec un bataillon de chats en colère. C'est vraiment dangereux, une question de vie et de mort surtout si la panique s'installe.


Vous pouvez aller voir un diaporama-vidéo sur le village de Conca
Voici une vidéo à ne pas manquer sur YouTube :
http://www.youtube.com/watch?v=d6MyypSt6pA&feature=youtube_gdata_player
26 mai
Ça fait quelques jours que je n'écris rien... Trop de choses se sont passées dont le retour de Pascal de la Creuze où il était parti bricoler une autre 2CV. Il faut dire que c'est sa passion et que sa nouvelle acquisition date de 1967, il veut la rafistoler complètement et la présenter au grand rassemblement des 2CV au mois d'août. Tout un travail car la réparation, je devrais plutôt dire la restauration doit se faire avec du matériel d'époque ou du moins conforme à l'époque.
A son retour nous avons fêté son anniversaire, Monique lui réservait la surprise i.e. la présence de Xavier et Clément. Ces trois là ont refait le monde à quelques reprises en sirotant des petits jaunes (pastis) et de l'eau-de-vie Corse. Nous avons mangé toute la journée à la manière française, pas encore terminé le déjeuner que l'on commençait la stratégie pour la préparation du diner. Des journées comme cela mettent à mal les résolutions diététiques, mais comme dirait Hugues, il vaut mieux manger excessivement avec des amis que de manger de la luzerne seul... Bien entendu, le lendemain a coulé ses heures très tranquillement, il le fallait bien puisque les excès de la veille nous tourmentaient encore. Monique et Pascal sont retournés à Ajaccio en fin d'après-midi et les garçons et nous avons passé notre dernière soirée ensemble. Demain, nous partons pour le refuge de Paliri, nous faisons nos préparatifs et nous couchons tôt car le réveil sera à 6 hres.
Alors voilà, c'est parti, il est 8 hres et nous sommes en route sur nos deux pieds. Nos sacs à dos pèsent environ 13 kilos, ce qui n'est pas si mal considérant la longueur de notre futur itinéraire (Paliri, Bavelle, variante alpine et le retour à Conca par le même chemin). Nous en avons pour 5 jours de marche.
Nous avons mis 9 hres 30 à rejoindre le refuge de Paliri et nous étions encore une fois très fatigués mais surtout assoiffés, quelques sources sur lesquelles nous comptions étaient taries. Nous étions aussi affamés, nous aurions bien couru le cochon sauvage si nous en avions rencontré un... Par chance, au refuge de Paliri, le gardien était à poste (car ce n'est pas encore la pleine saison et certains refuges sont sans gardien présentement) et avait préparé des pâtes pour le diner, du fromage et un peu de charcuterie Corse complétaient le repas vraiment délicieux. Chanceux et heureux nous étions car, sans lui, nous aurions dû préparer notre repas lyophilisé et je vous jure que cela ne nous tentait pas du tout. Ceux qui n'avait pas prévu le coup auraient dû manger leurs lacets de bottines comme Charlie Chaplin dans La ruée vers l'or...
Comment vous décrire cette première étape sans vous dire les merveilles que nous avons vu et le sentiment fantastique d'être au milieu de tout. Si nos performances sont plus longues que prévues dans les guides, c'est parce que les temps qui y sont mentionnés ne comprennent pas les arrêts et que nous faisons beaucoup d'arrêts, Hugues avec sa caméra et moi avec mon appareil photo.
N'empêche que malgré nos émerveillements visuels et olfactifs, nous souffrons dans nos corps et surtout dans nos pieds. Tous les muscles des orteils sont sollicités dans les montées et les descentes surtout dans ce genre de terrain. Imaginez que vous êtes épuisés, assoiffés et affamés quand vous réalisez que les derniers 500 mètres avant d'arriver au refuge sont encore... de la montée... Je pestais et Hugues n'avait pas de bien bons mots lui non plus... mais l'être humain est bien fait car sa mémoire ne conserve que vaguement les déboires et imprime profondément les grands bonheurs. Une bonne nuit dans un dortoir rempli à capacité (12)... et un réveil tôt malgré l'inconfort de partager notre sommeil avec autant de personnes ronflotant... à tour de rôle et une nouvelle journée commence.


Aujourd'hui, nous avons une étape facile, i.e. que Bavelle est à seulement 2 hres de marche selon le guide. Nous mettrons 3 hres 30 et là vraiment, le paysage valait tous les bobos du monde des randonneurs. Comment décrire pareilles merveilles... comme on dit souvent "une image vaut mille mots", en voici quelques unes





Bavella est un village de bergers, je devrais plutôt dire "était un village de bergers". Des bergeries de 15" x 30" servaient aux familles de gardiens de troupeaux pendant les mois de juillet, août et septembre. Selon Monique, le transfert estival était toute une expédition car avant la construction de la route, ils déménageaient leurs effets à dos de mules à travers les cols, la petite famille à pied. Avec l'arrivée de la route, ils attelaient la charette avec tout le fourbi et l'expédition commençait, cela prenait deux jours. Une mini cuisine avec le gaz mais pas d'électricité, alors une profusion de chandelles et quelques lampes à l'huile. Un âtre qui boucanne un peu l'intérieur mais qui procure tout de même de la chaleur et beaucoup d'atmosphère.


Évidemment, il n'y a plus de bergers ni de troupeaux et le village est ouvert durant la saison touristique, i.e. de Pâques à la Toussaint. Le village est classé patrimoine mondial par l'Unesco et les constructions doivent se faire selon un livre des charges seulement aux emplacements où existait auparavent une bergerie et sous le même modèle... des murs en blocs de ciment (isolation oblige) recouverts de pierre et des toits de tôle pour respecter les lieux.
L'attrait du village est sans contredit les fameuses aiguilles de Bavelle


et nous allons prendre quelques jours pour essayer d'y plonger. Être au centre, s'approcher et toucher légèrement le ciel...
Ce soir, nous allons passer notre troisième nuit dans la bergerie et demain nous partons pour une autre grande étape de 6 hres (comptons 9 à 10 hres pour les poètes que nous sommes) qui se terminera au refuge d'Asinau. Espérons qu'il y aura un gardien... je devrais plutôt dire un ange gardien.
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Location:Conca, Corsica
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