mercredi 29 juin 2011

Train train




Allez vous chercher un café, une cigarette, une collation, peut-être un coke ou un jus de fruit... une bière si vous voulez. Prenez du temps, je vais vous raconter.....


21 juin

Nous avons passé quelques jours à Conca après notre circuit dans l'Alta Rocca, premièrement pour nous reposer mais aussi pour profiter de la compagnie de nos amis Monique et Pascal.
Nous les aidons dans la conception et la fabrication d'un placard de rangement sous l'escalier de la salle à manger-salle de séjour. Comme dans presque toutes les maisons anciennes, les espaces de rangement sont rares et comme dans presque tous les ménages modernes, l'accumulation de choses utiles et moins utiles nécessite une gestion de l'espace. Alors, les qualités d'homme à tout faire de Pascal, la bonne volonté de Hugues, les qualités de ménagères de Monique et de moi-même ont donné un résultat superbe. Un placard parfait sorti du néant et pouvant contenir toutes les petites et grandes choses sans abri de la maisonnée. Une maison qui a repris tout son cachet une fois débarrassée des traîneries. Tous les quatre, nous étions fiers de notre réalisation, toutes les idées et toutes les capacités tournées vers un même but...
Notre dernier souper à Conca était teinté d'une légère dose de nostalgie, ce sera notre dernier moment tous ensemble. Hugues et moi allons amorcer l'avant-dernière étape de notre séjour Corse i.e. l'exploration d'une partie du centre de l'arrière-pays, Vizzavone et ses environs. Nous souhaitons prendre le train qui nous a été chaudement recommandé par tous les guides de voyage que nous avons consulté mais encore plus par nos amis. Chef d'oeuvre d'ingénierie, les arches, les tunnels suivent une trajectoire incroyable sur le territoire Corse et devrait nous permettre de nous rendre dans un premier temps à Vizzavone et finalement jusqu'au nord pour rejoindre Calvi et le Cap Corse. Nous y louerons une voiture pour les deux semaines restantes, ce qui nous permettra de voir le nord et la côte ouest.
Nous avons laissé Ajaccio ce matin en déménageant tout notre barda en autobus direction Vizzavone (je peux vous dire que nos sacs à dos ont pris du coffre... mais comme nous aurons une voiture par la suite, il n'y a pas de souci comme dirait les français). Le train restera en gare jusqu'à la fin de la grève... et vlan... pour nous et tous les autres touristes...
Trajet d'une heure et demie depuis Ajaccio, ce qui nous fait dire que les distances prennent une toute autre dimension selon le mode de transport.... Comme le dit si bien la chanson "Dix milles à pied, ça use, ça use, dix milles à pied ça use les souliers".
Vizzavone: nous débarquons nos sacs et la glacière... de l'autobus et nous rendons au camping 800 mètres plus bas. Comme c'est loin...
Le site du terrain de camping est assez petit, un espace clôturé sans beaucoup d'arbres parsemé de cailloux. Tout le monde dans le même paquet... quand tous les randonneurs du GR20 arrivent de leur étape et s'installent, nous sommes serrés comme dans un champ de fleurs sauvages. On entend respirer les voisins et la seule intimité que nous ayons est l'espace délimité par la toile de tente.

22 juin

Nous partons pour faire le sentier baptisé "La cascade des anglais", ce sentier emprunte un tronçon du GR20 Nord. Il suit un fleuve qui crapahute à travers les rochers pour donner des cascades et former des vasques où les randonneurs peuvent se baigner. L'eau y est très fraîche et la température du corps descend de plusieurs degrés après une trempette, ce qui est vraiment bienvenue quand le soleil tape sur la tête. Nous passons plusieurs heures à approcher le Monte d'Oro en longeant le fleuve, par contre, bizarrement nous ne sommes pas fatigués après notre randonnée, cela doit être l'effet énergisant de la baignade.











23 juin

Aujourd'hui, nous ferons le Col de Palmente qui emprunte un tronçon du GR20 Sud. Comme nous faisons des aller-retour, c'est un peu comme si nous faisions une étape du GR20 car au bout du compte la distance parcourue est la même, seule la destination change. Le parcours est en montant, 750 mètres de dénivellé, nous ne savons pas dans quel état nous serons après la randonnée... d'une durée de 12 kilomètres.


Finalement, la montée se fait en douceur, une pente de 20% dans un sentier ombragé par des pins Laricio. Nous montons pendant trois heures tout doucement sans prendre de photos car les arbres masquent les points de vue.
Arrivés au sommet, nous avons notre récompense, un panorama à 360 degrés à couper le souffle. Nous faisons une pause déjeuner et en profitons pour faire quoi... Eh bien oui, des photos, des séquences vidéo et encore des photos et des séquences vidéo.... Nous passons au moins une heure à cliquer sur nos boutons, à chercher la lumière et à nous éclater comme on dirait par ici.


















Au retour, nous décidons de manger au restaurant de la gare car nous sommes affamés et pas tellement tentés par notre repas lyophilisé.... Nous sommes très agréablement surpris par la bouffe, la lasagne aux légumes est délicieuse et tout est fait maison: les pâtes, les confitures, le pain, enfin nous nous sommes régalés.
Nous partons nous coucher sous notre toile.... comme on dit ici et le sommeil ne tarde pas malgré la foule au camping et la promiscuité. On se sent comme en famille car il n'y a que des randonneurs, ceux du GR20 et les autres comme nous qui font des ballades locales.

24 juin

Départ vers Calvi, nous prendrons le train... Hourra !!! les moyens de pression sont suspendus pour le moment. Nous sommes évidemment très contents, nous, ainsi que la trentaine de voyageurs qui se sont massés sur le quai. Quand le train entre en gare, tout le monde se précipite sans aucune courtoisie, alors nous sommes poussés et ne pouvons monter dans le wagon qu'en dernier. Ce qui fait que nous devrons faire le voyage debout... je ne croyais pas que cela était possible, question de sécurité... mais c'est tout à fait réel. La locomotive démarre et c'est parti pour trois heures. Pas tellement trippant... et adieu panorama, nous devons nous pencher pour apercevoir ce qui nous entoure. Le train arrête dans plusieurs petits hameaux et se faufile dans les vallées, les cols, en montagne quoi.
Nous entrons en gare à Corte environ une heure et demie après notre départ. On fait descendre les voyayeurs en destination de Calvi pour les mettre dans un autobus... (fini le train train), ceux qui vont à Bastia restent à bord. Un peu déçus mais tout de même plus confortables que debout, nous continuons le trajet. Les vitres de l'autobus sont grandes et nous permettent de voir très bien à l'extérieur, finalement nous n'avons pas perdu au change (tant pis pour le train).
Nous arrivons à Calvi en début d'après-midi, nous achetons un casse-croûte dans une pâtisserie et faisons connaissance avec un monsieur qui s'apprête à démarrer le GR20. Il faut savoir que le parcours débute à Calenzana tout près de Calvi et que tous les randonneurs qui font le parcours du Nord vers le Sud s'y rencontre. Ce monsieur est un nouveau retraité et il s'est donné comme but de faire tout le GR. Il vient en Corse depuis quinze ans et a fait comme nous, des Mare a Mare et des Monti a Mare, il faut se souvenir qu'il y en a pour 56 jours et cela sans compter les sentiers locaux. Donc, cette année, il se lance... nous lui souhaitons bonne chance.
Ceux qui partent ne finissent pas tous, nous avons rencontré bien des éclopés, la plupart se sont blessés au cours d'une étape, il suffit parfois d'un moment d'inattention qui peut être fatal... pour le défi. Des bras et des jambes cassés, des chevilles foulées, des plaies aux poignets et au front, tous amochés mais surtout dépités de ne pas pouvoir continuer.
Dans les sentiers que nous avons marché, chaque pas requiert notre attention, pas possible de regarder et de marcher en même temps sauf en de rares occasions quand le terrain le permet. Alors, on regarde où on met les pieds et on avance puis on s'arrête et on regarde le paysage.
Nous nous rendons à notre camping à pied chargés comme des baudets, mais ce n'est pas trop terrible car nous en avons pour 30 minutes seulement selon le serveur du café à qui nous avons demandé le chemin. Nous devons longer la voie ferrée mais la municipalité de Calvi a aménagé un trottoir de bois qui fait bien notre affaire, beaucoup plus facile de marcher sur un trottoir que dans la caillasse...






Notre camping "La pinède" nous traumatise un peu, il y a un monde fou et l'espace qui nous a été alloué est minuscule. Moi qui déteste camper l'été parce que j'ai trop de voisins sur pattes et sur roues, je suis servie.... Mais je serre les dents car comme nous sommes à pied, je ne peux pas faire la difficile, de toute façon nous ne resterons que deux nuits.

25 juin

Hier soir, nous avons visité Calvi et la citadelle mais il était tard












et nous voulons refaire notre visite à la lumière du jour.
Nous aimons la ville, l'ambiance de fête, ça bouge: festival de Jazz, chants Corses par le groupe Alba à la chapelle de la citadelle, expositions multi-médias conjointes Corse-Italie. Nous faisons une bain culturel et nous apprécions beaucoup, les derniers mois ont été plutôt nature...
















En soirée, nous allons entendre le groupe ALBA qui fait de la polyphonie. Un petit auditoire super attentif écoute religieusement ces textes Corses chantés en solo ou à plusieurs voix. Une clarinette, un basson joué alternativement par le même musicien, une guitare et un violon aussi joué par un même musicien, un violoncelle-contrebasse ou un instrument entre les deux, un piano-orgue de barbarie très étrange mais aux sons mélodieux et six artistes excellents... six voix, six âmes et six coeurs... Un spectacle généreux qui nous a enchanté. Nous revenons au camping en voiture (c'est super...), nous avons les clés depuis le matin.

26 juin

Nous dé-tentons pour partir vers Saint-Florent et pour cela nous devons traverser le désert des Agriates. Nous sommes un peu déçus car nous imaginions un désert avec d'immenses dunes de sable blanc, alors que nous voyons un terrain vallonneux recouvert de maquis et de caillasse. Mais attention car on ne peut pas dire que cela soit laid, alors là pas du tout, seulement différent de notre imaginaire. Petit arrêt dans un restaurant gîte qui nous offre un repas léger et délicieux mais le lieu avec ses chambres d'hôte, nous fait rêver d'une sieste dans des draps frais.... fenêtre ouverte, volets fermés avec juste assez de brise pour ne pas frissonner.


Au lieu de cela, juste avant d'arriver à Saint-Florent, nous arrêtons dans un camping tout de même beaucoup plus sympatique que celui que nous venons de quitter, mais bizarrement, il porte le même nom "La pinède". L'accueil est cordial, l'ambiance détendue et les sites sont spacieux et ombragés.



Nous montons notre campement qui est assez sommaire (nous avons acheté quelques trucs: un moustiquaire, une poêle à frire, une mini table et deux chaises de plage), mais il nous donne le gîte et le couvert...

Demain, nous ferons une excursion du port de Saint-Florent





vers la plage du Loto et de Saleccia qui sont parmi les plus belles plages d'Europe. Une mini croisière de 20 minutes en bateau (qui s'appelle Popeye) qui nous laissera sur la grève.



27 juin

Après avoir vu les prix des billets, nous décidons de nous rendre à la plage du Loto (le combo Loto-Saleccia est trop cher). Une demie-journée idyllique de farniente au soleil. Quand nous avions trop chaud, un petit saut dans l'eau nous rafraîchissait... Je n'ai jamais été du type plage mais l'eau était tellement belle, elle passait par toutes les teintes de bleu, le sable fin et blanc comme de la farine et en prime, pas de résidus collants sur la peau... un paradis.













Au retour, nous rejoignons notre camping et sautons dans la piscine. Pas besoin d'être longtemps dehors pour souffrir de la chaleur... ces temps-ci, la température oscille entre 30 et 35 degrés centigrades.

Maintenant je vous laisse car vous n'avez pas que cela à faire... à la prochaine.



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Location:Vizzavone et ailleurs

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